Lianescence
Les lianes sont des végétaux terrestres, grimpants, pour la plupart héliophiles (qui recherchent la lumière), pourvus de dispositifs morphologiques (longues tiges, dispositifs d'accrochages, etc...) et anatomiques leur permettant d'élever leur appareil végétatif jusqu'à un niveau favorable à leur développement (jusqu'à la cime des grands arbres de la forêt dense humide où les feuilles s'étalent et le s'épanouissent). Il existe des lianes ligneuses et des lianes herbacées.
La phase juvénile ou phase d'attente peut être arbustive orthotrope avec des entre-nœuds courts; on a un arbuste peu ramifié, non sexualisé. Ce stade est séparé de la phase adulte par un phénomène brutal de métamorphose dont les facteurs sont mal connus (facteurs internes, lumière, humidité, le système racinaire doit intervenir). La sexualité apparaît à l'état adulte (floraison dans la canopée), les entre nœuds sont longs. Elles sont surtout nombreuses dans les régions tropicales (8% contre 1 à 2 % en région tempérée).
Quelques familles n'ont pas de représentant lianescent; c'est le cas des Ebénacées, Juglandacées et Salicacées.
D'autres familles n'ont que des lianes Convolvulacées, Cucurbitacées, Dioscoréacées, Ménispermacées.
Les lianes présentent des dispositifs adaptatifs morphologiques et anatomiques particuliers.
Caractères adaptatifs morphologiques
- Longueur démesurées des tiges : certains palmiers comme les rotangs peuvent atteindre 300 m. Les tiges possèdent souvent un aspect rubanné ou torsadé ;
- Organes passifs : dans certains cas les tiges et les rameaux s'appuient sur le support en se disposant de manière particulière (coudes ou angles droits) : ce sont des lianes sarmenteuses. Parfois des dispositifs différenciés tels que crochets, aiguillons ou épines et émergences permettent passivement l'accrochage (ex certains accacias). Ils caractérisent les lianes grappinantes. Les épines et les émergences peuvent également avoir une deuxième fonction de protection contre les herbivores ;
- Organes sensibles : ils peuvent être, des organes irritables s'enroulant activement autour du support (pétiole irritable des Clematis), des crochets irritables qui continuent à s'épaissir au contact du support ou des vrilles, soit enroulées dans un plan (bauhinia) soit en hélice (Cucurbitacées). On distingue, des vrilles caulinaires, homologue d'axes végétatifs (Cissus) ou inflorescentiels (Passiflora), des vrilles foliaires (l'extrémité du limbe des Gloriosa) et des vrilles-racines (vanille) ;
- Tiges volubiles : toute la tige s'enroule autour du support (aristoloche). Ce dispositif est très fréquent ;
- Racines adventives : chez les Aracées: philodendron, monstera, etc..., les moracées (Ficus repens) où des gouttelettes visqueuses émises par les radicelles forment un ciment caoutchouteux.
- Les épines et les émergences servent à la liane à la fois à s'accrocher et à "grimper'', on parle de lianes grappinantes. Les épines et les émergences peuvent également avoir une deuxième fonction de protection contre les herbivores.
Plusieurs caractères anatomiques sont typiques des lianes
- Présence de vaisseaux de gros diamètres qui peut s'expliquer par la nécessité de conduire la sève brute sur de longues distances ;
- Abondance du parenchyme permettant la Inise en place de nouveaux cambiums ainsi que le stockage des réserves ( amidon) facilitant la mise à fleur dans la canopée.
- Les contraintes biomécaniques, particulières chez les plantes non autoportantes, nécessitent des propriétés de la tige alliant flexibilité et rigidité :
- La dispersion des unités de xylème et phloème améliore la flexibilité et permet une torsion sans dommage des éléments conducteurs; la présence de tissu lignifiés (sclérenchyme dans les stades jeunes, bois) assurent une certaine rigidité.
Dans un même groupe systématique la lianescence peut se réaliser par divers moyens.
Parmi les exemples les plus classiques de nos régions, nous citerons :
- le lierre : racines crampons ;
- le houblon : plante volubile (dont la tige s'enroule) ;
- la clématite : pétiole et pétiolules des feuilles composées dits "irritables", qui s'enroulent dès qu'ils sont en contact avec un support (rameau, grillage...)
- le pois de senteur : l'extrémité des feuilles se prolonge par une vrille;
- la passiflore : des ramifications latérales sont transformées en vrilles.
On peut noter :
- Lianescence sensu stricto
- Hémi-épiphytisme secondaire (perte de la connexion avec le sol).