Epiphytisme

Les épiphytes  habitent les troncs, les branches des arbres sans jamais franchir le rhytidome qui recouvre les tissus vivants.

On distingue : 

  • Epiphytisme en sens strict : la plante effectue la totalité de son cycle de vie en épiphyte (beaucoup de Ptéridophytes, la plupart des Broméliacées, beaucoup d'Orchidées) de Cactacées, de Rubiacées, de Gesnériacées, d'Apocynacées
  • Epihphytisme préférentiel
    • Hémi-épiphytisme primaire : la plante germe sur le support et devient terrestre secondairement via le développement de longues racines (cas des figuiers étrangleurs). Epiphytes "descendants" ;
    • Hémi-épiphytisme secondaire : la plante est d'abord terrestre (souvent rampante) puis grimpe sur un support. Elle peut perdre secondairement la relation au sol (cas de nombreuses Aracées dont les Philodendron. Epiphytes "ascendants".
  • Epipytisme accidentel : qui n'offre aucune particularité d'organisation

 

Conditions écologiques de l'épiphytisme

  • Le support : chaque arbre possède un tronc et des branches dont les formes, les dimensions, les surfaces lisses ou rugueuses, les modes de desquamation, la composition chimique créent pour l'épiphyte des conditions particulières. Chaque épiphyte "manifeste ainsi des préférences" plus ou moins marquées pour tel ou tel support sur lequel il doit assurer sa fixation ; cependant les troncs et les branches même très rugueuses n'offrent guère de cavités ou fentes pour assurer l'amarrage des organes de fixation ;
  • L'alimentation en eau et en substances dissoutes dépend de l'humus retenu sur les branches et de la pluie qui ruisselle sur l'écorce ;
  • L'humus. Les quantités d'humus formés variant suivant la nature de l'arbre, sa composition chimique, la microfaune et la microflore qui ont effectué les décompositions. Enfin l'eau de ruissellement entraîne les éléments dissous : la solution dont disposent les épiphytes varie donc suivant la nature du support et des arbres voisins ;
  • Les facteurs d'évaporation : la lumière et le vent. Ils agissent différemment suivant la hauteur de l'arbre et la situation de l'épiphyte. La lumière et le vent stimulent la transpiration, ce qui pose un sérieux problème de ravitaillement en eau aux épiphytes vivant dans les régions arides ;
  • Le milieu biologique. Certains épiphytes vivent en solitaires mais plus généralement il existe des peuplements épiphytiques qui abritent toute une faune de petits animaux en particulier les fourmis que l'on retrouve dans beaucoup d'associations épiphytiques.

 

Les dispositifs adaptatifs

  • La succulence et la sclérophyllie représentent une des réponses les plus souvent données par les épiphytes à la nécessité d'économiser l'eau. La succulence caulinaire est observée chez les Cactacées (Epiphyllum, Rhipsalis) et les Orchidées au niveau des pseudo-bubles (Bulbophyllum, Polystachya). La succulence foliaire s'ajoute à la succulence caulinaire chez de nombreuses Orchidées, elle est très fréquente chez les Broméliacées, chez les Peperomia, chez Hoya et Dischidia. La sclérophyllie s'ajoute à la succulence chez les Broméliacées ;
  • Les racines des épiphytes. Chez les Orchidées, les racines peuvent être chlorophylliennes, étroitement appliquées sur le support. Chez d'autres espèces des racines aériennes libres sont recouvertes d'un manchon pluristratifié de cellules mortes communiquant entre elles et avec l'extérieur par de petits orifices et remplies d'air lorsqu'il pleut, ce voile retient l'eau qui s'écoule à sa surface et la cède aux cellules vivantes. Dans certains cas (Aerangis, ...) l'appareil végétatif est uniquement constitué par les racines aériennes vertes entourées d'un voile qui assurent à la fois photosynthèse, absorption et fixation. D'une manière générale, chez de nombreux épiphytes, les organes de fixation (racines, stolons, rhizomes) adhèrent fortement au support ;
  • Absorption par les feuilles. Contrairement aux Orchidées, les Broméliacées montrent un système racinaire très peu développé. L'eau et les substances dissoutes captées à la surface des feuilles par les papilles (ou écailles) composées d'un large plateau brièvement pédicellé. Les cellules à paroi hygroscopiques (mucilagineuses) se gonlent au contact de l'eau qui sera injectée à l'intérieurde la plante par les cellules vivantes du pédicelle. Chez de nombreuses Boméliacées (Aechma, Vriesea), les feuilles sont disposées en rosette autour d'une tige tès courte. Les bases imbriquées forment une alvéole ou citerne et sont recouvertes intérieurement par des papilles absorbantes. L'eau s'accumule dans l'avéole ainsi que les matières organiques, constituant une réserve pour la plante. Chez d'autres Broméliacées, les racines disparaissent complètement et les tiges grêles sont recouvertes de minuscules feuilles scléreuses, charnues, couvertes elles-mêmes de papilles absorbantes. Ainsi Tillandsia usnéoïdes vit sur n'importe quel support auquel elle pend comme de longues barbes grises ;
  • Epiphytes accumulateurs d'humus. Les Platycerium, ces fougères comptent parmi les épiphytes les mieux organisés. Le rhizome est fixé au support par des poils absorbants adhésifs, il produit à son apex de grandes feuilles entourant le sommet de la tige. Chaque feuille comprend un lobe supérieur mince entier ou lacinié et un lobe inférieur épais appliqué étroitement sur les bords du support. Dans l'espace créé entre les feuilles et le support les racines se ramifient dans un sol "artificiel" formé de poussières apportées par l'eau de ruissellement. A mesure que la plante se développe, de nouvelles feuilles sont formées et les feuilles anciennes se décomposent à l'intérieur et enrichissent le "sol" peuplé de bactéries, de "champignons". Entre chaque feuille, des racines adventives absorbent les produits de décomposition. En plus la plante est reviviscente.